Samedi 29 novembre 2008

Bonjour cher(e) lecteur ou lectrice !


  Bienvenu sur le blog d'un "auteur" qui a peur d'être le seul à se comprendre parce qu'il est le seul à se lire.

C'est en effet sur ce blog que je rends pour la première fois publique mes diverses errances littéraires. Cela n'a bien sûr rien d'exceptionnel, et si je me suis décidé à le faire, c'est simplement parce que j'espère entendre des avis sur mes textes, donc n'hésitez pas !

Encore quelque chose: j'essayerais de publier régulièrement différents articles et de répondre à vos remarques.

Merci

Par Artélys
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Samedi 29 novembre 2008

    Et d'ailleurs, aussi longtemps que vivra ce monde, ou plutôt que ces mondanités continueront d'hanter nos têtes, toi à travers tes mille apparences tu viendras pointer le bout te ton nez dans mes mille vies, et en vertu de tous les risques de notre époque tu n'en perdras pas moins tes charmes, mais je rirais de ma prise de conscience de ce vaste  ensemble, quand le reste succombera et que mon esprit s'évaporera tranquillement dans les vapeurs de l'alcool. Je veux dire que dans le calme suicide que j'opère, vous tous, ou presque, continuez de vous acharner contre vous et envers nous, qui ne se distinguent que trop peu, et que l'humanité n'est qu'un nom qui peut se perdre malgré le sens et les vertus de nos amours.

Par Artélys
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Lundi 1 décembre 2008
Je connais l'objet de ma nostalgie. C'est déjà un bien. S'il s'était agit d'un ennui profond, je serais perdu dans une recherche désespérée de ce qu'il pourrait m'en faire sortir, et chaque chose me semblerait vaine et inutile. Dans ma nostalgie, ce n'est pas chaque chose qui est vaine et inutile, il y a une exception. Rien, je ferais mieux de ne pas voir la clé en cette exception. Elle se trouve en Afrique et se nomme Nina. Elle a aussi hanté mes rêves la nuit dernière, je l'embrassais nous étions caché des regards, elle m'a dit qu'il ne fallait pas que son père nous voit. Je pense beaucoup à elle ce matin, dans quelques jours peut-être plus. J'espère. Moi et ces pensées, la force de ces moments d'hier, ça laisse une trace du temps, le problème est la mémoire et le souvenir comparé aux faits, où il n'en reste rien. Rien que de la douleur et de la nostalgie. Puis ce sentiment d'irrémédiable, d'amour qui ne sera jamais fini, ce sentiment d'être condamné à porter le poids d'un souvenir qui a le malheur d'être heureux. « je ne t'oublierais jamais », dit-il.
Je restais quand même un peu la tête dans mes souvenirs, ces derniers jours. J'étais comme un insomniaque, jamais vraiment réveillé, jamais vraiment endormi. Un peu ici un peu là-bas, avec le problème de lui faire un cadeau, sans savoir quoi, le problème de mes errances universitaires et des diverses paperasses. Je ne vois rien nulle part. J'attends, triste que le passé l'est si vite. Des idées traversent parfois mon esprit et s'enfuient devant sa misère. Je ne les retiens même pas. « je ne t'oublierais jamais, et je ne vivrais plus ». Je ne t'oublierai jamais parce que jamais est hors du temps et que je rêve que ces moments avec toi le soient. Ou alors jamais passe aussi et je renaîtrai peut-être, mais si cela arrive je te promets que ce sera parce que je ne serais plus le même, et parce que je ne m'en rendrai pas compte. Le blues. Tout à l'heure il est parti en lisant Franquin, mais je sais que ça ne te suffira pas, à toi et mon blues. Je sais que rien ne suffira jusqu'à ce que tout disparaisse et redevienne normale. Alors je me demande où est la norme. Je lis mes textes des autres filles, et ça me paraît vide, mais quand j'approche ces phrases qui sont à toi, un malaise, un enchantement, un risque se glisse derrière chaque mot et le fait vivre. Oui, je regrette de ne pas avoir dormis à tes cotés quand tu me l'as proposé, mes rêves ô mes rêves sauvez moi, je ne pourrais plus le faire moi-même, je n'aurais sûrement pas pu, je regrette.
Aujourd'hui je cours après une odeur, une image, des expressions qui t'appartiennent, qui me laisse voir encore un peu de passé. Qui me saisissent et me font plonger dans cet étrange sentiment... Qu'elle est cet amour, qu'elle est cet espoir. Mais rien derrière qui puisse faire songer à un futur, une réalité. Ces choses sont là, simplement parce qu'elles l'ont été, rien aujourd'hui sauf le sentiment. Foutu continents et Terre si grande. Foutu misère. Foutu foutu. Ce qu'il y a, ce sont ces petits moments de bonheur, dont on aimerait tant qu'ils se répètent, contrairement aux grands moments de gloire qui ne peuvent être là qu'une fois. Mais sur lesquels on met aussi des mots et des images, pour les oublier plus facilement, tandis que nos petits moments, eux, continuent leur ronde dans nos têtes, et fond souffler le vent de la nostalgie. Aussi pompeux que cela soit.
Par Artélys
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Mercredi 3 décembre 2008
    Je peux difficilement supporter que quelqu'un me parle. Je ne sais pas où elle est. Je cours après elle dans ma tête et ça me fatigue sans que je ne puisse m'endormir. Je finis par glisser sur mes larmes, et me voilà enfin face contre terre. Son reflet dans mes yeux, dans le rouge de l'alcool.

    J'observe, seul, que tu me manques beaucoup, puis, comme pour me rattraper, je me dis que je n'aurais sûrement pas passé toute ma vie avec toi, je pense à toute ma vie et je me dis que je suis le plus con du monde à me soucier d'un truc aussi inutile et dérisoire que ma vie dans son ensemble. Elle est la chose qui n'existe pas, nulle part. Il n'y a que ce qu'il reste, le présent, ma douleur, toi loin, et peut-être un jour de nouveau là.

    Et voilà qu'elle m'emporte toujours un peu, je suis inquiet, attentif et perdu. Ces prochains jours je vais devoir orienter mes faiblesses. Le travail me tirera peut-être de ma torpeur, mais je dois en voir les fruits. Je n'en vois pas les fruits, et je n'ai que l'angoisse de ne jamais les voir, de m'affaler endormis sur ce tas de cauchemars, eux qui tentent de se cacher dans ce qu'il me reste de repos. J'assaille Descartes et ça me réconforte, la simplicité et la justesse d'un raisonnement, je pense à toi mais je ne suis rien de plus, qu'un amoureux qui attend. Le bon sens se perd parfois, quand on a couru trop vite sur les chemins risqués comme ceux que tu m'as fait emprunter. Pourtant je ne me sens pas essoufflé le moins du monde. Voilà ce que me fait faire Descartes, mais j'en suis presque fier quand je pense que ce mauvais humour peut être comme un signe de guérison, et quand je ne pourrais plus jouer à ce jeu là, j'aurais sûrement mis quelques distances entre moi et mes souvenirs. Je mesurerais alors combien je t'aime, en nombre de page pas drôle et en studieuses pensées. Je souhaiterais pourtant que tu sois l'arbitre partial qui m'a toujours tirer les oreilles quand tout allait bien, quand il le fallait, et que tu brûles mes pages d'un regard, et que tu dissipes mes pensées d'une écoute. Que je te retrouve enfin.
Par Artélys
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